Qu'est-ce que l'humain 4/5

Qu'est-ce que l'humain 4/5

- 19 mins

4ème volet de regard à partir de 3 points de vue (neurobiologie, paléoanthropologie et science cognitive) sur une question à la charnière de la théorie de l’évolution, de la préhistoire, de la philosophie.

Lecture du discours de Michel Serres

Exercice nouveau pour moi : La lecture à voix haute enregistrée pour comprendre un texte et en partager le contenu intégral. Je ne pense avoir été bon dans cette première pratique. J'espère m'améliorer. Cela me permet aussi de publier cette œuvre audio sous licence libre CC BY SA 4.0

À vous de ressortir et de comprendre ce que vous pouvez et vous voulez comme points dans ce discours riche et dense.

Voici quelques points que je vous propose de relever

L’introduction

« Où va le savoir ? Vers les sciences humaines. Dès le XIXe siècle Auguste Comte et Renan prophétisent ainsi l’avenir de la science » Michel Serres, 15 sept. 2002 − Collège de la cité des sciences et de l’industrie

Emil Cioran, né en 1911, porta un regard critique sur la prophètisation1 dans l’intervalle entre Comte, Renan et la qualification de leurs travaux par Michel Serres, né en 1930.

Le constat que le XX ème fut celui des réponses apportées par les particules qui décomposent l’atome, du code génétique qui déchiffre la vie − du moins une représentation d’une des briques de la vie2 − et de l’astrophysique qui ouvre l’univers est, selon Michel Serres, « trois exploits comme le fondateur de multiples disciplines à répondre à la question “qu’est-ce que l’humain” ».

Cette introduction, qui comporte un tacle à Bourdieu qui « ressassa » du Frazer, Durkheim, Mauss…, est conclue par :

« Si rafraichissantes au cours de leur efflorescence, les sciences humaines contribuent aujourd’hui à une sorte de correction politique » Michel Serres, 15 sept. 2002 − Collège de la cité des sciences et de l’industrie.

Cet appel, bientôt majeur puisque prononcé il y a 18 ans, de réunification par collaboration entre sciences dites dures et sciences dites douces est important dans la démarche de Michel Serres entreprise pour répondre à la question première posée.

Nous pouvons aussi noter les capacités de prophétisation qui semblent être un caractère propre de l’humain. Ou alors, que l’éthologie nous vienne en aide pour décrire où, quand et comment, ailleurs dans le vivant, bactéries ou insecte ou mammifère se comporterait en prophète. Nous y reviendrons par la suite.

Relais au XXIe siècle

Michel Serres renouvelle son vœu de « connecter le Muséum d’histoire naturelle au musée de l’Homme et à la Maison des sciences douces » dans le but de travailler la réponse à, entre autres, la question « Qu’est-ce que l’humain ? ».

« Le XIXe siècle annonça les sciences humaines ; nous les vîmes s’épanouir au XXe ; le XXIe siècle les réunira aux sciences dures » Michel Serres, 15 sept. 2002 − Collège de la cité des sciences et de l’industrie.

Appuyant ensuite dans son discours qu’il venait à l’époque d’écrire Hominescence et L’Incandescence (non mentionné Le Contrat naturel en 1990) pour « souder fluidement les nœuds de ce nouveau réseau », Michel Serres se place ainsi dans la lignée des prédécesseurs invoqués en introduction, Renan et Comte.

Son appel est fondé, son vœu est louable. La posture presque prophétique (du moins, annonciatrice d’un futur probable) est à mettre en perspective avec la pandémie mondiale actuelle. Il est hautement certain que la collaboration entre sciences dites douces et sciences dites dures ait beaucoup progressé depuis la fin du XXe siècle et ce premier quart du XXIe que nous vivons avec virulence. Une telle « crise » fait office de révélateur des structures sous-jacentes mais invisibles de nos sociétés… et le ridicule qui va avec. L’opportunisme et le colonialisme se lâchent sous prétexte de crise, alors même que ces modèles devraient changer pour éviter la prochaine3 et les conditions préexistantes à ce type de crise.

Les paris sur l’avenir sont des gages risqués. Est-ce là un caractère de ce qui pourrait aider à définir l’humain ?

La réunification de sciences progresse, imparfaite et incomplète. Cette marche nous mène aujourd’hui à mieux considérer, parmi d’autres considérations, le non-humain dans ce qui fait l’humain.

Pour exemple, de l’apport du non-humains4 dans la définition même de l’humain Nous avons, entre autres, en nous des Archaea 5 dans notre microbiome6 (fosse nasale, viscères…) qui était là sur terre avant nous il y a au moins 3,5 milliards d’années. Ce qui assez récent comme découverte ds la description de « ce qui nous compose ». Nous avons aussi en nous virus, champignons, levures ou encore bactéries. Sans cela nous mourrons. Elles peuvent aussi nous nuire.

Le temps de nature

…ou la théorie du Grand Récit de Michel Serres

« J’appelle Grand Récit l’énoncé des circonstances contingentes émergeant tour à tour au cours d’un temps, d’une longueur colossale dont la naissance de l’univers marque le commencement et qui continue par son expansion, le refroidissement des planètes, l’apparition de la vie sur terre, l’évolution des vivants, telles que le conçoit le néodarwinisme et celle de l’homme » Michel Serres, 15 sept. 2002 − Collège de la cité des sciences et de l’industrie.

Voilà l’importante théorie fondamentale par laquelle Michel Serres articule la suite de son raisonnement pour aborder les réponses à la question « Qu’est-ce que l’humain » puis d’ouvrir la fin de cet effort sur la nécessité en droit d’un Contrat naturel. Autrement dit, déboucher, depuis le travail de définition de l’humain, sur « l’ensemble des règles qui régissent la conduite de l’homme en société, les rapports sociaux »7 avec et dans la nature.

Il rappelle d’ailleurs dans ce passage de son discours son emploi de nature pour désigner ce qui naît. Puis de considérer alors « L’ensemble des bifurcations du Grand Récit qui divergent vers une émergence, celles des planètes, de la vie, des espèces ou de l’homme ».

La nature ?

« L’intégrale indéfinie des bifurcations surgissant du Grand Récit, même si nous ne les connaissons ni ne les dominons toute » Michel Serres, 15 sept. 2002 − Collège de la cité des sciences et de l’industrie.

L’humain ?

« Un sous-ensemble défini de ces bifurcations naturelles » Michel Serres, 15 sept. 2002 − Collège de la cité des sciences et de l’industrie.

La durée et le temps advenant alors des phénomènes dont nous avons besoin de décrire, « sans rêve, ni tabou », les faits, les objets, les effets.

Évaluation des durées « naturelles et « culturelles »

Qu’est-ce que l’humain ?

Une espérance de vie individuelle qui, récemment et en des lieux rares, atteignit soixante-dix à quatre-vingts ans, plongée dans des cultures collectives qui, au mieux durèrent quelques millénaires, elles-mêmes plongées dans l’évolution d’une espèce, Homo Sapiens, qui date de quelques millions d’années, elle-même plongée dans une durée vivante de quatre milliards, elle-même composée enfin, d’éléments forgés depuis quinze environ, autour de la naissance même de l’univers ; en somme, l’humain associe de petits éclats imperceptibles à une énorme coulée de durée » Michel Serres, 15 sept. 2002 − Collège de la cité des sciences et de l’industrie.

Dans les trois résumés de textes précédents sur la question en titre, nous avons pu lire et voir comment Jean-Didier Vincent, au travers de la formation de neurones, parcoure une évolution de dizaines de millions d’années de nature ; puis comment Pascal Picq, au travers de la préhistoire avec notamment l’Afrique, traverse les cultures pour apporter des éclairages sur les questions de l’humain.

Pour Michel Serres « limité aux sciences humaines, il ne reste plus rien de vraiment long à dire ».

« Si vous me demandez mon âge enfin, je peux vous avouer celui de mon état civil, mais je puis aussi dater celui des différentes couches de neurones qui constituent mon cerveau, dont certains apparurent avec les singes dits supérieurs, mais dont d’autres viennent des reptiles d’ères antérieures ; de même, brassé dans sa composition à partir de ceux de mes parents, mon ADN remonte à quatre milliards d’années dans sa structure ; quant aux atomes qui le composent, leur formation accompagne celle du monde, voilà dix à quinze milliards d’années. Mais cela peut se dire de tous les vivants » Michel Serres, 15 sept. 2002 − Collège de la cité des sciences et de l’industrie.

Qu’est-ce que l’humain ?

« […]l’éthologie trouve presque toujours un animal, une plante, voire une bactérie, dotés de la qualité prétendument spécifique à notre espèce. » Michel Serres, 15 sept. 2002 − Collège de la cité des sciences et de l’industrie.

Il cite ensuite les cinq sens (Michel Serres, 1985) pour relever le fait que de parler d’Homo Sapiens exclue l’immense majorité de ses semblables pour tenter de travailler l’humain. Puis pour faire intervenir l’analyse des nouvelles technologies, il cite Hominescence (Michel Serres, 2015) pour appuyer cette « défaite » de la pensée d’un doute philosophique sur la définition de l’humain, pensée dite apophatique, qui consiste à dire ce que l’humain n’est pas et de s’y cantonner pour le définir.

« […] face à la déconstruction aisée, penser reste difficile. » Michel Serres, 15 sept. 2002 − Collège de la cité des sciences et de l’industrie.

Cette articulation sert à Michel Serres à nous confronter à contradiction logique, celle de tenter de définir l’humain soit par finitude, et d’y accoler un vivant borné dans des serres ; soit sans frontière et se heurter à l’infini.

« Enfin l’humain change si souvent et tant qu’il excède toujours ce que l’on dit de lui » Michel Serres, 15 sept. 2002 − Collège de la cité des sciences et de l’industrie.

Relevant ensuite l’observation de ce qu’il pourrait rester d’Homo sapiens dans l’« habitant contemporain des métropoles ». Si cet animal (Sapiens) métamorphique se métamorphose récemment, alors que lui reste t’il de ce qui est décrit par les paléoanthropologues ?

« À la différence de mes camarades [Picq et Vincent], je ne parlerai ni en millions d’années ni en millénaires, mais d’abord d’un demi-siècle à peine, soit une minime fraction de seconde, selon l’échelle de tantôt » Michel Serres, 15 sept. 2002 − Collège de la cité des sciences et de l’industrie.

Le temps humain d’hominescence

Les découvertes sur l’atome et l’énergie participèrent à répondre à la question « qu’est-ce que la matière ? », entrainant aussi la conception d’armes de destruction massive et planétaire. Avant nous d’autres civilisations disparurent, nous venons d’elles.

*« […] mais jamais l’humain n’entra en risque d’extinction sur une planète en danger, deux morts globales encourues par son génie et sa volonté. Rien dans l’hominisation n’équivaut à cette bifurcation tragique. »

Il faut bien entendre ici la prise en compte de l’intervention du l’humain dans les changements climatiques et l’intervention de ces bouleversements climatiques dans l’avenir de l’humain − en plus des autres capacités technologiques développées.

Les recherches en science du vivant, couplées aux sciences sociales, amenèrent des améliorations dans la guérison des maladies et sur les conditions d’hygiène. Contribuant à la réponse « Qu’est-ce la vie ? ». Notre corps se métamorphosa alors.

« Sa taille, son espérance de vie, son rapport à la douleur et santé se transformèrent et, aussitôt après, la procréation et la filiation elles-mêmes »

Ces avancées influèrent sur notre phénotype et aussi sur les paysages par changement majeur dans l’agriculture et l’élevage. Michel Serres cite Hominescence pour rappeler que son écrit posait la fin du néolithique à l’orée de ces changements.

La sélection des plantes et des animaux ouvrit dès lors la porte aux biotechnologies. Celles qui aujourd’hui, par la main de l’humain, s’évertuent à maîtriser les mutations, « […] ce qui réduit fantastiquement les échelles de temps découvertes par les réponses à la question “Qu’est-ce l’univers ?” ».

« Les communications et les technologies ouvrirent d’autres voies dans l’espace et l’instant, amenant de nouveaux liens et une expansion inattendue des connaissances. Lorsque des millions de messagers deviennent sources d’information, la société devient pédagogique en son entier. Reste encore à écrire la nouvelle épistémologie de ce savoir multiplié ».

J’invite dès maintenant à retenir en fond de la progression du raisonnement l’emploi de multiplié qui contient à part presque égale multi et plié. Nous verrons par la suite l’importance et la redondance de l’emploi de ces deux concepts.

Les transformations citées ne résultent pas, pour Michel Serres, de circonstances environnementales sur lesquelles nous n’aurions rien fait.

« Au contraire, elles vinrent de processus économiques, sociaux, en dernières instances cognitifs, de cet entendement et de cette volonté collectifs que nous appelons le savoir, des applications techniques, des mises en œuvre collectives ; en somme, des sciences dites naturelles. »

Il y aurait dans nos transformations évolutives sur nous même et sur notre environnement une démarche volontariste et intervention de la technique. C’est l’une des articulations prégnantes chez Michel Serres.

Le temps humain de dédifférenciation

Une partie de l’humanité, celle contemporaine à ce texte (homo sapiens devenu homo faber), a énormément changé en un demi-siècle.

« […] cela conduit à penser l’humain au moins comme une capacité de métamorphoses rapides. »

Avons-nous alors un rapport original et entretenu avec les temps ?

Nous introduisons par la connaissance et les techniques des sélections et mutations pendant que notre corps lui se déspécialise.

« Par rapport aux becs des oiseaux, à la gueule du requin, au museau du chien, la bouche, non spécialisée, finit par tout faire, mordre, certes, mais baiser, siffler, parler mille langues »

Pour Michel Serres, nous quittons nos niches spéciales et nous nous ouvrons à l’espace global. Nous y voyageons en débordant le présent immédiat et nous entrons différemment dans le temps.

Pratique du temps

« Naît-il avec la première pierre celui qui taille ? »

Nous pouvons y voir ici, sans que cela soit explicitement dit ensuite, un appel à Sloterdjik et les questions le l’anthropotechnique et d’artificialité.

Nous fabriquons, nous accumulons, et surtout nous appareillons et entrecroisons des outils spéciaux. Nous nous réinventons dans cela et c’est en cela que nous nouons une responsabilité cruciale avec les nouvelles formes d’hominisation dans lesquelles nous sommes.

Qu’est-ce que la technique ?

« Une économie formidable de la mort et du temps. […] Pour dominer ainsi une partie de notre environnement […] dans le temps même des vivants […] nous l’économisons, nous le court-circuitons. Qu’est-ce qu’un outil ? Une projection du temps colossal du Grand Récit sur l’éclat infinitésimal de l’invention pratique et de l’usage avant l’usure ; il concentre ou replie des millions d’années dur des mois »

« Une page condense un temps immense ». Y compris cette page que vous lisez par laquelle vous traversez un grand temps concernant l’humain.

« Enfin les divers supports de l’information, écriture, livres, Toile… contiennent des souvenirs récents, sous tous sous la forme de mensonges. Les objets techniques, quant à eux, résument de façon foudroyante des millions d’années d’évolution. En comparaison des outils manuels, la culture, dite intellectuelle, devient donc un lieu d’oubli »

Autre exemple : pourquoi se vêtir

Après une longue période d’évolution dans les divergences de nos ancêtres, aujourd’hui « On s’habille pour pouvoir se déshabiller vite, puis se rhabiller aussi rapidement […] ».

« […] la souplesse mobile et diverse d’adaptabilité l’emporte sur une solution unique et raide. “La cause devient l’amovibilité” »

La disponibilité devient l’essence de l’usage, selon Michel Serres. « La technique condense et manie aussi bien le temps court que du temps long », ce qui nous rappelle à l’emploi de multi et de plié.

« Qu’est-ce l’usage technicien ? Une disponibilité. Qu’est-ce que le langage ? Une prédisponibilité. Technique logicielle, il laisse, de même, mille jeux entre signe et sens »

Pour Michel Serres, l’humanité est un « taux variable de renouvellement par les naissances et la mort » sur laquelle « l’action technique projette des millions d’années sur quelques-unes.

Maîtrise

« La philosophie moderne commença, dit-on, par le précepte de Bacon : “Commander à la nature en lui obéissant” »

Depuis la fin du paléolithique, a minima dans le temps, nous faisons naître, cultivant et élevant végétaux et animaux. Puis nous avons commencé à nous faire naître nous même dans  « des environnements que nous suscitons ». Nature signifie naitre, comme le rappel Michel Serres.

« Nous commandons à la naissance en obéissant à ses variations, en “disposant de son temps” »

Dans la chronologie de l’évolution des espèces qui composent notre humanité, d’abord vint la technique, puis le langage, aujourd’hui la sélection. Nous projetons dès lors « une durée gigantesquement longue sur notre existence brévissime ».

Qu’est-ce que l’humain ?

« Ce formidable court-circuit temporel. Au moins la capacité de le réaliser » […] « nous savions donc, en quelque manière, plier, cacher, conserver, dépenser, envelopper ou développer du temps dans un objet, outil pratique ou intellectuel[…] »

Les biotechnologies, que nous ouvrons à peine aujourd’hui, nous amène à manipuler (du fait de la main) du temps « autrefois capricieux ». « Condenser le temps colossalle du Grand Récit dans la brièveté de l’innovation technicienne revient donc, ici, à projeter une mémoire sur une naissance. ».

« Qu’est-ce que l’histoire humaine ? La maîtrise relative d’un résumé d’évolution »

Les biotechnologies sont un de nos moyens à disposition de maîtrise de mutations qui pouvaient auparavant prendre un temps imprévisible. « Nous naissons de faire naître ». Albert Jacquard écrivait « Nous sommes les enfants de notre fille : la technique ; peut-on imaginer pire ambivalence ? » en 1997 dans La légende de demain.

« Nous posons donc des questions globales, concernant notre influence sur un environnement qui mit des millions d’années à se constituer […] »

Le Temps

« Dès que nous nous adonnons à des actions techniques, nous manipulons du temps sans nous en douter »

Ceci est effectif depuis, a minima, l’élevage et le labour ; encore plus saillant depuis la sélection. Nous accomplissons des gestes similaires « certes en les raffinant et le multipliant » qui restent invariants dans les petites et grands variations qui nous contemplent. Homo Faber « résume en un tour de main ce que la dite nature met une patience hominisation à faire émerger sans le vouloir », il enveloppe dans des instants menus des durées colossales.

La marche volontariste de l’évolution est ici affirmée.

« Ce pliage entassé crée des creux noirs où s’oublie la longue durée que l’action présente économise » […] «L’Histoire devient ce puits d’oubli. »

L’histoire

Les biotechnologies sont des actions techniciennes sur des opérations qui « se faisaient, sans finalité, dans le hasard et la nécessité » sur un temps plus ou moins long. Nous jouons le rôle de substitut au travers de nos projets comportant plus moins de rationalité.

Les plantes synthétisent la chlorophylle, des singes ont outils et cultures, des oiseaux manipulent les brindilles. Nous hominiens, depuis que nous taillons du silex, nous manipulons du temps.

« Qu’est-ce que l’histoire ? L’évolution vue et réduite à travers la loupe technique, retournée même par elle et par elle métamorphosée »

Philosophie

Qu’est-ce que l’humain ?

« Un certain pouvoir de manipuler la durée. Une puissance de rabattre, à longueurs incomparables, le temps sur lui-même »

Anciennement, dans le temps des réflexions que l’humain opère sur lui-même, nous produisions des séparations entre nature et culture autour de nous-mêmes. « Une culture naît aujourd’hui de découvrir les secrets de toutes naissances ; elle renaît de cette nature. »

 « Ancienne et nouvelle, stable et fluctuante, cette symbiose entre notre histoire, la durée de l’évolution et le temps de l’univers fonde ce que j’appelle, en termes de droit, le Contrat naturel. » Michel Serres, 15 sept. 2002 − Collège de la cité des sciences et de l’industrie

Notes et références

  1. « Dans tout homme sommeille un prophète, et quand il s’éveille il y a un peu plus de mal dans le monde… La folie de prêcher est si ancrée en nous qu’elle émerge de profondeurs inconnues à l’instinct de conservation. Chacun attend son moment pour proposer quelque chose: n’importe quoi. Il a une voix; cela suffit. Nous payons cher de n’être ni sourds ni muets. » Emil Cioran,Précis de décomposition. 1977 

  2. “DNA cannot be seen as the ‘blueprint’ for life,” Jose said. “It is at best an overlapping and potentially scrambled list of ingredients that is used differently by different cells at different times.”https://phys.org/news/2020-04-dna-life-bookjust-jumbled-ingredients.html 

  3. Paul B. Preciado : « Nous étions sur le point de faire la révolution féministe… et puis le virus est arrivé » https://bulb.liberation.fr/edition/numero-2/nous-etions-sur-le-point-de-faire-la-revolution-feministe/ 

  4. Biohistory: “A Primer in the Bacterial Humanity” Tijana Vujosevic https://www.academia.edu/5103178/Biohistory_A_Primer_in_the_Bacterial_Humanity 

  5. “The healthy human microbiome” Jason Lloyd-Price, Galeb Abu-Ali, and Curtis Huttenhowe, NBCI. 2016 https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4848870/ 

  6. Le Biome, concept de 1916, « est un ensemble d’écosystèmes caractéristique d’une aire biogéographique et nommé à partir de la végétation et des espèces animales qui y prédominent et y sont adaptées » https://fr.wikipedia.org/wiki/Biome . Un formidable outil conceptuel plastique pr décrire et étudier des communautés vivantes formées par différentes espèces et leurs interactions, par ex sur l’entier de la planète ou une région spécifique ou un lac ou un corps humain 

  7. Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1863. 

Merci à toutes les personnes qui soutiennent les efforts par leurs dons


Xavier Coadic

Xavier Coadic

Human Collider

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